
PA-0072 formats
Semax
Heptapeptide dérivé de l'ACTH, étudié comme nootrope et neuroprotecteur.
dès 125 €
Voir la fiche SemaxRéservé à la recherche in vitro. Ne convient pas à la consommation humaine ou animale.
Tape « Semax avis » sur YouTube et tu tomberas vite sur la même promesse : deux petits sprays venus de Russie, l’un pour être plus concentré, l’autre pour être moins stressé, sans le coup de barre du café ni l’effet assommoir d’un calmant. Tentant en pleine période de partiels. Sauf que derrière le mot « nootrope » se cache une histoire bien plus intéressante : un institut de Moscou, un bout d’hormone du stress, un fragment d’anticorps et pas mal de rats. On compare les deux, on regarde les preuves, et tu te fais ton avis.

Première surprise : Semax et Selank ne sortent pas du garage d’un biohacker. Ils ont été conçus à l’Institut de génétique moléculaire de l’Académie des sciences de Russie, par une équipe dirigée par Nikolaï Myasoedov et Igor Ashmarin. Leur objectif : rendre utilisables des messagers naturels du cerveau, qui sont d’ordinaire découpés très vite par les enzymes du corps [1].
L’astuce ? Coller au bout de chaque messager un petit trio d’acides aminés, Pro-Gly-Pro, de la famille des « glyprolines ». Imagine une coque sur un téléphone : la séquence résiste beaucoup mieux aux enzymes qui découpent les peptides [1]. Résultat : deux chaînes de sept acides aminés, même fin, début différent.
Le Semax part d’un fragment d’ACTH, une hormone du cerveau liée au stress. Le Selank part de la tuftsine, un minuscule morceau d’anticorps, et a été mis au point avec l’Institut de pharmacologie Zakusov [2]. Même atelier, points de départ différents : les résultats de l’un ne valent pas pour l’autre. Version scientifique complète : le dossier Semax et le dossier Selank.
Lexique
Lexique : « nootrope »
Le mot magique des vidéos : une substance censée booster mémoire ou concentration. Ce n’est pas une catégorie médicale officielle : en évaluant le Semax, la FDA relève qu’il n’existe ni code de diagnostic ni recommandation de sociétés savantes pour un usage « nootrope » [3].
L’ACTH est une hormone qui pilote notamment la production de cortisol. Dès le milieu des années 1950, des chercheurs remarquent qu’elle influence aussi l’apprentissage chez l’animal, un rôle qui s’avère indépendant de son effet hormonal et qu’un petit fragment suffit à reproduire [1]. Le Semax reprend ce morceau « comportemental » : c’est un analogue du fragment 4-10 de l’ACTH, dépourvu de ses effets hormonaux classiques [3].
La piste la plus citée, c’est le BDNF, une protéine qui aide les neurones à survivre et à se connecter, souvent comparée à un engrais pour le cerveau. Chez le rat, une seule prise de Semax fait grimper le BDNF de l’hippocampe, une zone clé de la mémoire, et les animaux réussissent mieux un test d’apprentissage [4]. Un vrai signal biologique, donc. Mais chez le rat, dans un test pour rats.
La suite, les vidéos l’oublient souvent. En 2026, la FDA note que le Semax agit par des mécanismes « mal compris », qu’il se comporte chez les rongeurs comme un anticoagulant (d’où une question sur les saignements) et qu’il a amplifié chez la souris la libération de dopamine provoquée par l’amphétamine, ce qui pose la question d’un potentiel d’abus [3]. Rien n’est tranché, faute d’études.
Le chiffre
Le chiffre : ×1,4
C’est l’augmentation maximale de la protéine BDNF mesurée dans l’hippocampe du rat après Semax, dans l’étude la plus citée [4]. Un résultat réel, mais une protéine qui monte chez le rat n’est pas une note qui monte à ton partiel.

Le Selank, lui, est vendu comme l’anti-stress qui ne te transforme pas en zombie. Ses concepteurs le décrivent comme un anxiolytique sans effet sédatif ni relâchement musculaire [1]. Deux pistes de mécanisme reviennent : le GABA, le grand frein du cerveau sur lequel agissent aussi les benzodiazépines, et les enképhalines, de petits messagers naturels qui atténuent la douleur et le stress.
Sur le GABA, les données viennent surtout de cerveaux de rats : le Selank y modifie l’activité de gènes liés à ce système [2]. Sur les enképhalines, une expérience en éprouvette montre que Selank et Semax freinent les enzymes du sérum humain qui découpent ces messagers [5]. Imagine des ciseaux moins pressés : les enképhalines resteraient actives un peu plus longtemps. Joli mécanisme… observé dans un tube, pas dans ta tête.
Côté humain, l’étude la plus citée date de 2008 : 62 patients souffrant d’anxiété généralisée ou de neurasthénie, 30 sous Selank et 32 sous médazépam, une benzodiazépine. Les auteurs décrivent des effets anxiolytiques similaires [6]. Intéressant, mais l’article est en russe, l’effectif petit, et l’un des créateurs du peptide le cosigne. Paradoxe : il est aussi vanté pour mieux dormir, on en parle dans notre guide sur les peptides du sommeil.
Même labo, même fin de séquence, deux profils différents. Choisis un peptide pour afficher sa fiche, ou compare-les ligne par ligne.
| Critère | SemaxFragment d’ACTH + Pro-Gly-Pro, présenté comme le peptide « focus » | SelankTuftsine + Pro-Gly-Pro, présenté comme le peptide « anti-stress » |
|---|---|---|
| Point de départ | Fragment 4-10 de l’ACTH, hormone liée au stress | Tuftsine, petit fragment d’anticorps (IgG) |
| Longueur | 7 acides aminés | 7 acides aminés |
| Piste la plus étudiée | BDNF chez le rat (hippocampe) | GABA et enképhalines (rat, éprouvette) |
| Études humaines | AVC en Russie, IRM chez 24 volontaires | Anxiété : petites études russes (62 patients en 2008) |
| Russie | Médicament enregistré (gouttes nasales) | Médicament enregistré en 2009 |
| France et procédure européenne | Absent des registres officiels de médicaments | Absent des registres officiels de médicaments |
| États-Unis en 2026 | Non approuvé, avis favorable non contraignant d’un comité | Non approuvé, risques cités par la FDA |
Tableau établi à partir des sources [1] [2] [3] [11]. Un enregistrement en Russie ne prouve pas l’efficacité ailleurs.
Soyons précis : dire « aucune étude humaine » serait faux. Des patients russes ont reçu du Semax après un AVC, et du Selank contre l’anxiété. Mais quand la FDA a passé le dossier Semax au crible en 2026, elle n’a trouvé pour l’ischémie cérébrale qu’un résumé de congrès sans critère clinique exploitable ; les articles en russe sans traduction complète n’ont pas été pris en compte. Aucune étude de pharmacocinétique chez l’humain non plus [3].
Et chez des gens en bonne santé ? En 1996, une étude en double aveugle a suivi 16 opérateurs d’une centrale électrique russe : les 8 sous Semax réussissaient mieux un test de mémorisation en fin de service que les 8 sous placebo [16]. Ensuite, surtout de l’IRM : 14 volontaires sous Semax contre 10 sous placebo en 2018 [7], puis Semax, Selank et placebo chez 52 volontaires en 2020, avec des connexions cérébrales qui bougent un peu [8].
Seize personnes en 1996, c’est un signal, pas une preuve : il faudrait des centaines de participants, des équipes indépendantes et des critères suivis dans le temps. Une image cérébrale qui bouge n’est pas une meilleure note. Et ces publications sont signées par des chercheurs du réseau qui a conçu les molécules [16] [7] [8].
| Étude | Qui ? | Ce qui a été mesuré | La limite |
|---|---|---|---|
| 1996 | 16 opérateurs | Test de mémorisation, Semax contre placebo | Très petit effectif, étude ancienne |
| 2006 | Des rats | BDNF dans l’hippocampe, test d’apprentissage | Animal, une seule prise |
| 2008 | 62 patients anxieux | Échelles d’anxiété, Selank contre médazépam | Petit effectif, article en russe |
| 2018 | 24 volontaires | IRM au repos, Semax contre placebo | Mesure à quelques minutes, pas de test de mémoire |
| 2020 | 52 volontaires | Connexions cérébrales, Semax, Selank ou placebo | Imagerie, pas un résultat clinique |
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PA-0072 formats
Heptapeptide dérivé de l'ACTH, étudié comme nootrope et neuroprotecteur.
dès 125 €
Voir la fiche SemaxRéservé à la recherche in vitro. Ne convient pas à la consommation humaine ou animale.

PA-0062 formats
Heptapeptide synthétique étudié pour ses effets anxiolytiques et neuromodulateurs sans sédation.
dès 125 €
Voir la fiche SelankRéservé à la recherche in vitro. Ne convient pas à la consommation humaine ou animale.
Sur les forums, tu liras des « ça a changé ma vie » juste à côté de « rien senti ». Avant d’y voir une preuve, rappelle-toi que le cerveau est très fort pour ressentir ce qu’il attend. Dans une étude américaine, 96 étudiants ont passé des tests cognitifs ; une partie d’entre eux croyaient avoir avalé un stimulant médical, alors qu’il s’agissait d’un placebo [9].
Résultat : ceux qui pensaient être sous stimulant se sentaient nettement plus « boostés »… mais leurs performances aux tests n’étaient globalement pas meilleures [9]. Le ressenti avait décollé, pas les résultats. Transpose ça aux peptides « nootropes » : sans groupe placebo et sans aveugle, impossible de séparer l’effet du produit de celui de l’attente, de la motivation ou d’une bonne nuit.
Ajoute l’effet « retour à la normale » : on essaie souvent un truc au pire moment (partiels, rupture, rush), puis on va mieux… parce que la période passe. C’est pour neutraliser ces pièges que la science utilise des groupes témoins, le tirage au sort et l’aveugle. Il manque aux dossiers Semax et Selank de grands essais de ce type, menés par des équipes indépendantes.
Idée reçue
Mythe : « Si je le sens, c’est que ça marche »
Ton ressenti est réel, mais il ne prouve pas l’effet du produit. Chez des étudiants persuadés d’avoir pris un stimulant, l’impression d’être « boosté » grimpait alors qu’ils n’avaient reçu qu’un placebo [9].
Six phrases qu’on entend dans les vidéos. Devine avant de retourner la carte : mythe, réalité, ou plus nuancé ?
Semax et Selank ont été inventés par des biohackers américains.
Il existe des études chez l’humain.
Plus de BDNF chez le rat, donc de meilleures notes pour moi.
Enregistré en Russie, donc validé partout.
C’est plus nuancé
L’enregistrement russe est réel, mais il ne vaut que pour la Russie. La FDA juge les preuves insuffisantes pour les usages qu’elle a examinés [3].
Un certificat d’analyse prouve que le produit est efficace.
Mythe
Un certificat décrit la chimie d’un lot : identité, pureté, parfois endotoxines. Il ne dit rien de l’effet sur un cerveau, ni chez le rat ni chez l’humain.
Sans groupe placebo, impossible de savoir ce qui vient du produit.
Réalité
Des étudiants qui croyaient prendre un stimulant se sentaient boostés sous placebo [9]. Seule une comparaison à l’aveugle sépare l’effet réel de l’attente.
En Belgique, le laboratoire officiel Sciensano a analysé en 2017 et 2018 deux préparations suspectes : elles contenaient du Selank et du Semax. Les chercheurs ont constaté que ces peptides se trouvaient facilement en ligne, en poudre à injecter ou en spray nasal, et ont dû mettre au point une méthode dédiée pour les identifier [10]. Les autorités les voient donc déjà passer.
La FDA pointe un autre problème : sous le nom « Semax », on trouve plusieurs substances (base libre, sel d’acétate…) qui ne sont pas interchangeables, et les certificats d’analyse examinés ne comportaient pas certains tests clés, comme les impuretés, les agrégats ou les endotoxines [3]. Pour le Selank comme pour le Semax, l’agence évoque un risque d’immunogénicité, c’est-à-dire de réaction du système immunitaire, lié aux impuretés et aux agrégats [11].
Si ces molécules t’intéressent pour la recherche, le réflexe, c’est la traçabilité du lot : savoir lire un certificat d’analyse et repérer un vendeur douteux valent plus que n’importe quel avis YouTube. Chez PePAlpha, le Semax et le Selank sont proposés uniquement comme réactifs de recherche in vitro, jamais pour la consommation humaine.
Attention
Attention : ton cerveau n’est pas un labo
Anxiété, antidépresseur, antécédent neurologique ou traitement qui fluidifie le sang : aucune vidéo ne peut juger ta situation. Si la concentration ou le stress te pèsent vraiment, c’est avec ton médecin qu’il faut en parler.
En Russie, oui, comme médicaments : le Semax y est enregistré sous forme de gouttes nasales [3], et le Selank a été enregistré par le ministère russe de la Santé en 2009 [1]. En revanche, aucun des deux ne figure au registre européen des médicaments autorisés par procédure centralisée [13], ni dans la base publique française des médicaments [14].
Aux États-Unis, ni l’un ni l’autre n’apparaît dans la base des médicaments approuvés par la FDA [15]. En juillet 2026, un comité consultatif de la FDA a voté à 8 voix contre 5 pour que les pharmacies puissent préparer du Semax sur ordonnance, alors que les experts de l’agence recommandaient l’inverse [3] [12]. C’est un avis, pas une autorisation. Le Selank, lui, reste cité par l’agence parmi les substances qui posent des questions de sécurité [11].
Pour le cadre français en détail, lis notre guide sur la légalité des peptides en France. Et pour les situer face aux autres, le classement des peptides par niveau de preuve remet chacun à sa place.
Astuce
Astuce : les trois questions anti-hype
Avant de croire une étude, demande-toi : qui l’a signée, combien de personnes ont été suivies, et y avait-il un groupe placebo ? Pour Semax et Selank, ces trois questions suffisent à remettre les promesses à leur juste taille.
Quatre questions pour vérifier que tu sais faire la différence entre la hype et les faits.
Question 1/4 De quelle molécule naturelle le Selank est-il dérivé ?
Bonne réponse B · De la tuftsine, un fragment d’anticorps
Le Selank prolonge la tuftsine, un fragment de la chaîne lourde des immunoglobulines G, avec le trio Pro-Gly-Pro. C’est le Semax qui part de l’ACTH [2].
Question 2/4 Chez le rat, de combien le Semax augmente-t-il au maximum la protéine BDNF de l’hippocampe ?
Bonne réponse A · ×1,4
L’étude de référence rapporte au maximum ×1,4 pour la protéine BDNF [4]. Un signal réel, mais modeste et mesuré chez l’animal.
Question 3/4 Que montre l’étude où des étudiants croyaient avoir pris un stimulant ?
Bonne réponse C · Ils se sentaient boostés, sans vrai gain aux tests
Sous placebo, l’impression d’être stimulé augmentait, mais les performances cognitives ne suivaient globalement pas [9]. Le ressenti ne suffit pas à prouver un effet.
Question 4/4 Quel est le statut du Semax en France en 2026 ?
Bonne réponse B · Absent de la liste des médicaments français
Le Semax n’apparaît pas dans la base publique française des médicaments [14]. Il est enregistré en Russie, ce qui ne vaut pas autorisation en France.
Ton score
0/4
Le mot de la fin
Semax et Selank ne sont ni des arnaques nées sur TikTok, ni des « smart drugs » validées. Ce sont deux peptides russes sérieux sur le papier : des mécanismes intéressants chez le rat, un statut de médicament en Russie et de petites études humaines, souvent signées par leurs créateurs. Ce qui manque, ce sont de grands essais indépendants. Pour la concentration et le stress d’un étudiant en bonne santé, rien ne justifie la hype. Pour la recherche, ce sont des molécules passionnantes, à condition de savoir ce qu’il y a dans le flacon.
Buzz 7/10Preuves 3/10Gros buzz « nootrope », preuves humaines minces et surtout russes
FAQ
Ils partagent la même fin de séquence (Pro-Gly-Pro) et le même institut d’origine, mais pas le même point de départ. Le Semax dérive d’un fragment d’ACTH et a surtout été étudié pour le BDNF et l’AVC. Le Selank dérive de la tuftsine et a surtout été étudié pour l’anxiété. Leurs résultats ne sont pas interchangeables [1] [2].
Le Semax n’apparaît pas dans la base publique des médicaments commercialisés en France [14]. Il est enregistré comme médicament en Russie [3]. Un réactif de recherche n’est pas un médicament et n’est pas destiné à un usage sur soi : le détail est dans notre guide sur les peptides et la loi française.
De petites études russes rapportent un effet anxiolytique proche de celui d’une benzodiazépine, par exemple chez 62 patients en 2008 [6]. Mais les effectifs sont faibles, les articles souvent en russe et les études le plus souvent menées par le réseau qui a conçu la molécule. Si le stress te pèse au quotidien, un médecin ou un psychologue reste le bon interlocuteur.
Rien ne le montre de façon convaincante. La meilleure donnée chez des personnes en bonne santé est une étude de 1996 sur 16 opérateurs, avec de meilleurs scores à un test de mémorisation sous Semax [16]. Les études en IRM mesurent l’activité du cerveau, pas l’intelligence [7] [8]. Et l’effet placebo suffit à donner l’impression d’être plus vif [9].
Vérifié à la source
Neuroscience & Medicine — revue signée par l’Institut de génétique moléculaire (Moscou) · 2013
Frontiers in Pharmacology · 2016
FDA — dossier du comité consultatif PCAC de juillet 2026 · 2026
Bioorganicheskaia Khimiia — résumé consulté · 2001
Zhurnal Nevrologii i Psikhiatrii — résumé anglophone consulté · 2008
Bulletin of Experimental Biology and Medicine · 2018
Doklady Biological Sciences · 2020
Experimental and Clinical Psychopharmacology · 2011
Drug Testing and Analysis — laboratoire Sciensano (Belgique) · 2020
FDA — page mise à jour le 22 avril 2026 · 2026
RAPS (Regulatory Affairs Professionals Society) · 2026
Commission européenne — consulté le 27 septembre 2026 · 2026
ANSM, HAS et Assurance maladie — consultée le 27 septembre 2026 · 2026
FDA — consultée le 27 septembre 2026 · 2026
Neuroscience Research Communications — texte intégral consulté · 1996
Cerveau, sommeil & énergie