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Arrêter Ozempic ou Mounjaro : pourquoi les kilos reviennent souvent

Tu as perdu du poids sous Ozempic ou Mounjaro, et une question te trotte dans la tête : que se passera-t-il le jour où j’arrête ? Sur les réseaux, deux camps s’affrontent : « tout revient » contre « il suffit d’être discipliné ». Les études disent quelque chose de plus précis. Oui, l’arrêt d’Ozempic s’accompagne souvent d’une reprise de poids, et on sait à peu près à quelle vitesse. Mais on comprend aussi pourquoi, et ce n’est pas une affaire de volonté. On fait le tour, chiffres à l’appui et sans jugement.

Boomerang en verre ambré suspendu dans les airs avec une traînée de perles, image de l’effet rebond.
Sommaire7 chapitres

TL;DREn 30 secondes

  • Un an après l’arrêt du sémaglutide, les participants de l’extension de STEP 1 avaient repris environ deux tiers du poids perdu [1].
  • Dans SURMOUNT-4, le passage au placebo a fait reprendre 14 % du poids en un an ; continuer le tirzépatide a fait perdre encore 5,5 % [3].
  • Une méta-analyse de 2026 estime le retour au poids de départ à environ 1,5 an après l’arrêt du sémaglutide ou du tirzépatide [4].
  • Ce n’est pas un manque de volonté : l’obésité est une maladie chronique, et le corps défend son poids [5] [6].
  • N’arrête et ne modifie jamais un traitement sans ton médecin : plusieurs pistes de maintien sont étudiées.

Arrêt d’Ozempic et reprise de poids : ce que montrent les essais

Premier essai à regarder : l’extension de STEP 1. À la fin de l’essai, le sémaglutide et le programme d’accompagnement ont été arrêtés, et 327 participants ont été suivis un an de plus. Ils avaient perdu en moyenne 17,3 % de leur poids ; un an après l’arrêt, ils en avaient repris 11,6 points. Bilan : environ deux tiers du poids perdu étaient revenus [1].

Deuxième essai, plus rigoureux sur ce point : STEP 4. Tous les participants ont d’abord reçu du sémaglutide pendant 20 semaines, puis ont été tirés au sort. Ceux qui ont continué ont encore perdu 7,9 % de leur poids ; ceux qui sont passés au placebo en ont repris 6,9 % sur les 48 semaines suivantes [2].

Ces essais décrivent des moyennes, pas des destins individuels. Mais le message est clair : chez beaucoup de personnes, l’effet sur le poids dure tant que le traitement dure. Le contexte scientifique de ces essais est détaillé dans notre dossier sur le sémaglutide.

Le chiffre

Deux tiers

C’est la part du poids perdu reprise, en moyenne, un an après l’arrêt du sémaglutide dans l’extension de STEP 1. Attention : il s’agit des kilos perdus, pas des deux tiers du poids total [1].

Arrêter Mounjaro : même scénario pour le tirzépatide

Le tirzépatide a eu droit à son propre essai d’arrêt, SURMOUNT-4. Pendant 36 semaines, tous les participants ont reçu le traitement et perdu en moyenne 20,9 % de leur poids. Ensuite, tirage au sort : la moitié continue, l’autre passe au placebo pendant un an [3].

Résultat : ceux qui ont continué ont encore perdu 5,5 % de leur poids, tandis que ceux passés au placebo en ont repris 14,0 %. À la fin, 89,5 % des premiers avaient conservé au moins 80 % de leur perte, contre 16,6 % des seconds [3]. Les chercheurs concluent que l’arrêt entraîne une reprise importante du poids perdu, alors que tous les participants recevaient des conseils d’alimentation et d’activité physique.

Une nuance souvent oubliée : même dans le groupe placebo, le poids restait en moyenne 9,9 % plus bas qu’au tout début de l’essai, 88 semaines plus tôt [3]. On détaille la mécanique du tirzépatide dans notre dossier sur son double agonisme.

Lexique

Essai de retrait, c’est quoi ?

Un essai où tout le monde commence sous traitement, avant qu’un tirage au sort décide qui continue et qui passe à un placebo. C’est la façon la plus propre de mesurer ce que change l’arrêt.

Jeune femme souriante cuisinant des légumes à la poêle dans une petite cuisine.

Effet rebond d’Ozempic : à quelle vitesse les kilos reviennent-ils ?

Une méta-analyse publiée dans le BMJ en 2026 a rassemblé 37 études et 9 341 participants. Tous médicaments confondus, le poids remonte d’environ 0,4 kg par mois après l’arrêt, avec un retour estimé au poids de départ en 1,7 an. Pour le sémaglutide et le tirzépatide, la reprise est plus rapide, environ 0,8 kg par mois, avec un retour au point de départ estimé à 1,5 an [4].

Autre enseignement : la reprise était plus rapide qu’après l’arrêt d’un programme d’accompagnement sans médicament, quelle que soit la perte initiale [4]. Autrement dit, ce n’est pas seulement qu’il y a plus de kilos à reprendre : l’arrêt du médicament lui-même semble peser.

Et dans la vraie vie ? Une étude sur 7 938 patients ayant arrêté le sémaglutide ou le tirzépatide après 3 à 12 mois trouve une variation moyenne de poids faible un an plus tard, mais avec de grosses différences : parmi les patients traités pour l’obésité, 55 % ont repris du poids, 45 % sont restés stables ou ont encore maigri [10].

Chronologie5 étapes

Après l’arrêt : ce qui se passe, étape par étape

Ce que montrent les études, de l’arrêt au retour au poids de départ. Des moyennes, pas un scénario écrit d’avance.

  1. La molécule s’en va peu à peu

    Le sémaglutide a une demi-vie d’environ une semaine : il reste présent dans le sang environ 7 semaines après l’arrêt. Son effet sur l’appétit s’estompe donc progressivement [11].

  2. Le poids remonte régulièrement

    Dans STEP 4, chez les participants passés au placebo, le poids a augmenté de façon régulière tout au long des 48 semaines suivantes, jusqu’à reprendre 6,9 % [2] [11].

  3. Deux tiers des kilos revenus

    Dans l’extension de STEP 1, un an après l’arrêt du sémaglutide et de l’accompagnement, environ deux tiers du poids perdu étaient revenus, et les marqueurs cardiométaboliques aussi [1].

  4. Retour au poids de départ, en moyenne

    Selon une méta-analyse de 2026, après l’arrêt du sémaglutide ou du tirzépatide, le poids revient en moyenne au niveau de départ en 1,5 an environ, les marqueurs cardiométaboliques en 1,4 an [4].

  5. Des trajectoires très variables

    Chez 7 938 patients ayant arrêté tôt, la variation moyenne était faible à un an, avec de gros écarts : parmi les patients traités pour l’obésité, 55 % ont repris du poids, 45 % non [10].

Pourquoi les kilos reviennent : le corps défend son poids

L’OMS décrit l’obésité comme une maladie chronique et récidivante, qui demande souvent une prise en charge au long cours [6]. Traduction : ce n’est pas un problème qu’on règle une fois pour toutes, un peu comme l’hypertension. Quand le traitement s’arrête, les mécanismes qui poussaient à la prise de poids sont toujours là.

Et le corps résiste. Une étude du New England Journal of Medicine a suivi 50 personnes après un régime : un an plus tard, leurs hormones de l’appétit restaient modifiées dans le sens d’une faim plus forte, avec moins de leptine, l’hormone de la satiété, et plus de ghréline, celle de la faim [5]. Imagine un thermostat réglé sur ton ancien poids, qui relance le chauffage dès qu’il en a l’occasion.

Côté médicament, l’effet ne s’arrête pas net : le sémaglutide reste présent dans le sang environ 7 semaines après l’arrêt [11]. On explique cette notion de durée d’action dans notre dossier sur la demi-vie des peptides. Et le retour des pensées envahissantes autour de la nourriture est décrypté dans notre guide sur le « food noise ».

Idée reçue

Mythe : « Reprendre, c’est manquer de volonté »

La reprise de poids après l’arrêt est la règle dans les essais, y compris chez des participants très suivis. Elle s’explique par la biologie de l’appétit et la nature chronique de l’obésité, pas par un défaut de caractère [1] [5] [6].

Après Ozempic : le cœur et le sucre font aussi marche arrière

Le poids n’est pas le seul à revenir. Dans l’extension de STEP 1, la plupart des améliorations cardiométaboliques obtenues sous sémaglutide, comme la tension ou certains marqueurs sanguins, étaient revenues vers leur niveau de départ un an après l’arrêt [1].

La méta-analyse du BMJ va dans le même sens : après l’arrêt, tous les marqueurs cardiométaboliques étudiés retournaient à leur niveau initial en 1,4 an environ, selon les projections des auteurs [4]. À l’inverse, dans STEP 4, continuer le traitement améliorait encore le tour de taille et la tension par rapport au placebo [2].

C’est un point clé : ces bénéfices sont liés au traitement en cours, comme l’effet d’un médicament contre la tension disparaît quand on l’arrête. Les auteurs de l’extension de STEP 1 y voient la confirmation que l’obésité est une maladie chronique, et qu’un traitement continu semble nécessaire pour maintenir les améliorations du poids et de la santé [1].

Attention

Jamais d’arrêt en solo

Arrêter, espacer ou baisser un traitement de ton propre chef peut faire revenir le poids, mais aussi déséquilibrer un diabète ou une tension. Toute modification se discute avec le médecin qui te suit, qui peut organiser le suivi.

Mythe ou réalité ?6 affirmations

Arrêt des GLP-1 : vrai, faux ou nuancé ?

Six idées qui circulent sur l’après-traitement. Donne ton avis, puis compare avec les études.

  • Reprendre du poids après l’arrêt, c’est un manque de volonté.

    Voir le verdict

    Mythe

    Les hormones de l’appétit restent modifiées longtemps après une perte de poids, et l’OMS décrit l’obésité comme une maladie chronique et récidivante [5] [6].

  • Tout le monde reprend tout, tout de suite.

    Voir le verdict

    C’est plus nuancé

    La reprise est la tendance moyenne, sur environ un an et demi. Mais les trajectoires varient beaucoup, et dans SURMOUNT-4 le groupe placebo restait 9,9 % sous son poids de départ [3] [4] [10].

  • Les bénéfices sur la tension et les marqueurs sanguins restent après l’arrêt.

    Voir le verdict

    Mythe

    Dans l’extension de STEP 1, ils revenaient vers leur niveau de départ en un an. La méta-analyse du BMJ projette un retour complet en 1,4 an environ [1] [4].

  • Baisser la dose plutôt qu’arrêter peut préserver une partie des résultats.

    Voir le verdict

    Réalité

    Dans SURMOUNT-MAINTAIN, la dose réduite gardait 16,6 % de perte, contre 21,9 % en continuant et 9,9 % sous placebo. Une décision qui reste médicale [7].

  • Le sport ne change rien à la reprise de poids.

    Voir le verdict

    Mythe

    Avec le liraglutide, un an après l’arrêt, la reprise était plus forte de 6 kg après le médicament seul qu’après un programme d’exercice supervisé [9].

  • Arrêter, c’est une décision perso qui ne regarde pas le médecin.

    Voir le verdict

    Mythe

    L’arrêt modifie le poids, mais aussi la tension ou la glycémie. Le médecin peut anticiper, proposer une option de maintien et organiser le suivi [1] [4].

Garder ses résultats : ce que la recherche étudie

Première option : continuer. L’OMS recommande, sous conditions, les GLP-1 comme traitement de long terme de l’obésité, associés à un accompagnement sur l’alimentation et l’activité physique [6]. Deuxième option testée : baisser la dose plutôt qu’arrêter. Dans l’essai SURMOUNT-MAINTAIN, publié dans The Lancet en 2026, la perte par rapport au départ atteignait 21,9 % avec la dose habituelle maintenue, 16,6 % avec une dose réduite et 9,9 % avec le placebo [7].

Troisième piste : passer à un comprimé. Dans l’essai ATTAIN-MAINTAIN, des personnes déjà traitées par injection ont conservé environ les trois quarts de leur perte avec l’orforglipron, contre la moitié ou moins sous placebo [8]. Ce comprimé de Lilly a été autorisé aux États-Unis en avril 2026, puis au Royaume-Uni en août, premier pays d’Europe à le faire [12] [13].

Enfin, le sport. Avec le liraglutide, un GLP-1 plus ancien, un an après l’arrêt des traitements, la reprise de poids était plus forte de 6 kg après l’arrêt du médicament seul qu’après l’arrêt d’un programme d’exercice supervisé [9]. Le mouvement protège aussi les muscles, comme l’explique notre guide sur la fonte musculaire.

Arrêter ou continuer : une décision à préparer avec ton médecin

Il existe de bonnes raisons de vouloir arrêter : des effets secondaires gênants, un projet de grossesse, le coût, une difficulté d’accès. Les effets à connaître sont détaillés dans notre guide des effets secondaires. Dans tous les cas, l’arrêt se prépare avec le médecin : il connaît ton dossier, et la « réduction progressive » vantée dans les vidéos n’est pas un mode d’emploi universel. Un projet de grossesse, par exemple, impose d’organiser l’arrêt à l’avance, comme le prévoit le RCP [11].

Préparer l’après, c’est surtout installer pendant le traitement ce qui restera ensuite : des repas qui te tiennent, de l’activité physique régulière, du renforcement musculaire, un sommeil correct et un suivi. Ce ne sont pas des garanties, mais ce sont les leviers sur lesquels tu as la main.

Et si le poids remonte malgré tout, ce n’est pas un échec personnel : c’est l’évolution attendue d’une maladie chronique, qui mérite qu’on en reparle avec un professionnel [6]. Pour comparer les options qui existent, direction notre comparatif Ozempic, Mounjaro, rétatrutide.

Astuce

Trois questions pour ta prochaine consultation

Que devient mon risque si j’arrête ? Existe-t-il une option de maintien adaptée à mon cas ? Quel suivi prévoir après l’arrêt ? Note tes réponses : elles t’aideront à décider sans pression.

Quiz4 questions

Quiz : as-tu compris l’effet rebond ?

Quatre questions pour vérifier ce que tu retiens des essais d’arrêt.

  1. Question 1/4 Dans l’extension de STEP 1, quelle part du poids perdu était revenue un an après l’arrêt ?

    Voir la réponse

    Bonne réponse B · Environ deux tiers

    Environ deux tiers des kilos perdus. C’est une moyenne : certaines personnes ont repris plus, d’autres moins [1].

  2. Question 2/4 Dans SURMOUNT-4, que s’est-il passé chez ceux qui ont continué le tirzépatide ?

    Voir la réponse

    Bonne réponse A · Ils ont encore perdu du poids en moyenne

    Ils ont encore perdu 5,5 % en moyenne, quand ceux passés au placebo reprenaient 14,0 % [3].

  3. Question 3/4 Pourquoi l’appétit revient-il fort après une perte de poids ?

    Voir la réponse

    Bonne réponse C · Parce que les hormones de la faim restent modifiées

    Un an après une perte de poids, la leptine reste plus basse et la ghréline plus haute : le corps pousse à retrouver son ancien poids [5].

  4. Question 4/4 Qui doit décider d’arrêter ou de modifier un traitement par GLP-1 ?

    Voir la réponse

    Bonne réponse B · Toi, avec ton médecin

    C’est une décision à prendre avec le médecin qui te suit : il peut anticiper les effets de l’arrêt, proposer une option de maintien et organiser le suivi.

Le mot de la fin

Notre verdict

Oui, les kilos reviennent souvent après l’arrêt d’Ozempic ou de Mounjaro : c’est l’un des résultats les mieux établis des essais. Mais ce n’est pas une fatalité morale, c’est la biologie d’une maladie chronique. La bonne question n’est donc pas « comment tenir sans rien », mais « quel plan de long terme me convient » : continuer, adapter, remplacer, bouger davantage. Aucune option n’est magique, et aucune ne se décide seul. Parles-en avec ton médecin avant tout changement.

Buzz 6/10Preuves 8/10Reprise de poids très bien documentée par les essais d’arrêt

FAQ

Les questions que tu te poses.

Est-ce qu’on reprend du poids après l’arrêt d’Ozempic ?

Le plus souvent, oui. Dans l’extension de STEP 1, les participants avaient repris environ deux tiers du poids perdu un an après l’arrêt du sémaglutide [1]. Une méta-analyse de 2026 estime le retour au poids de départ à environ 1,5 an en moyenne [4]. Les trajectoires varient toutefois beaucoup d’une personne à l’autre.

Comment arrêter Ozempic sans reprendre de poids ?

Aucune méthode ne le garantit. Les pistes étudiées sont de continuer le traitement, de passer à une dose plus faible ou de changer de molécule, avec de l’activité physique [7] [8] [9]. Ce sont des décisions médicales : n’arrête et ne modifie jamais un traitement sans en parler à ton médecin.

Combien de temps pour reprendre le poids après l’arrêt de Mounjaro ?

Dans SURMOUNT-4, les personnes passées au placebo ont repris 14,0 % de leur poids en un an [3]. La méta-analyse du BMJ estime qu’après le sémaglutide ou le tirzépatide, le poids revient en moyenne à son niveau de départ en 1,5 an environ [4]. Ce sont des moyennes, pas un compte à rebours.

Faut-il prendre un GLP-1 à vie ?

L’OMS considère l’obésité comme une maladie chronique et recommande, sous conditions, les GLP-1 comme traitement de long terme [6]. Cela ne veut pas dire « à vie » pour tout le monde : la durée se décide au cas par cas avec le médecin, en tenant compte des bénéfices, des effets indésirables et des préférences.

Que se passe-t-il dans le corps quand on arrête Ozempic ?

Le sémaglutide quitte progressivement le sang, en 7 semaines environ [11]. L’appétit revient, d’autant que les hormones de la faim restent modifiées après une perte de poids [5]. Le poids remonte alors peu à peu, et les améliorations de la tension ou des marqueurs sanguins s’estompent aussi [1].

Vérifié à la source

Sources

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
  4. [4]
  5. [5]
  6. [6]
  7. [7]
  8. [8]
  9. [9]
  10. [10]
  11. [11]
  12. [12]
  13. [13]

La rédaction PePAlpha

Perte de poids & GLP-1

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