GLP-1 et fonte musculaire : le problème dont tout le monde parle mal
« Sous Ozempic, tu perds tes muscles. » Tu l’as sûrement entendu, avec un chiffre qui fait froid dans le dos : jusqu’à 40 % des kilos perdus seraient du muscle. Alors, Ozempic et perte de muscle, vraie alerte ou gros raccourci ? Un peu des deux. Oui, quand on maigrit beaucoup, on ne perd pas que du gras. Mais ce que les études appellent « masse maigre » n’est pas seulement du muscle, et la suite dépend en partie de tes habitudes. On regarde les scanners, les nuances, et les deux leviers qui ont vraiment des preuves.

TL;DREn 30 secondes
- Dans les grands essais, environ les trois quarts des kilos perdus sont de la graisse, le reste de la masse maigre [2].
- Masse maigre ne veut pas dire muscle : elle inclut aussi l’eau, les organes et les os [3].
- Même profil que pour une chirurgie de l’obésité ou un régime très strict : ce n’est pas un poison du muscle [4].
- Deux leviers prouvés : le renforcement musculaire et assez de protéines, à ajuster avec un professionnel [4] [5].
- Des molécules pour protéger le muscle sont en essai, mais aucune n’est autorisée pour cet usage [7].
Quand on maigrit, on ne perd pas que du gras
Commençons par une vérité qui vaut pour tout le monde : quand le corps puise dans ses réserves, il ne pioche pas uniquement dans la graisse. Régime, chirurgie de l’obésité ou médicament, une partie des kilos perdus vient presque toujours de la masse maigre. Et la balance, elle, est incapable de faire la différence : elle affiche un total, point.
Pour savoir ce qui part vraiment, les chercheurs utilisent la DXA, un scanner à rayons X à très faible dose qui sépare graisse, masse maigre et os. C’est grâce à ces mesures qu’on peut parler chiffres, et pas seulement ressenti. Les sociétés savantes rappellent d’ailleurs que la part de masse maigre perdue sous GLP-1 ressemble à celle observée avec d’autres approches qui font perdre beaucoup de poids, comme la chirurgie ou les régimes très basses calories [4].
Autrement dit : la question n’est pas « le médicament attaque-t-il mes muscles ? », mais « comment perdre surtout du gras quand on perd beaucoup de poids ? ». Et ça, c’est une question sur laquelle tu as des leviers. Le point complet sur les autres effets est dans notre guide des effets secondaires des GLP-1.
Lexique
Masse maigre : tout sauf la graisse
La masse maigre, c’est tout ce qui n’est pas de la graisse : muscles, mais aussi organes, os, sang, eau, et même l’eau contenue dans le tissu gras. Perdre de la masse maigre ne veut donc pas dire perdre uniquement du muscle [3].
Ozempic et perte de muscle : ce que montrent vraiment les scanners
Dans l’essai STEP 1, 140 participants ont passé une DXA. Sous sémaglutide, la molécule d’Ozempic et de Wegovy, la masse grasse a baissé de 19,3 % et la masse maigre de 9,7 %. Résultat : la part de masse maigre dans le corps a augmenté de 3 points, parce que la graisse est partie plus vite [1]. Selon l’avis conjoint de quatre sociétés savantes américaines, la masse maigre représentait environ 38 % des kilos perdus dans STEP 1, ce qui correspondrait à environ 20 % de muscle [4].
Et Mounjaro côté muscle ? Dans la sous-étude DXA de SURMOUNT-1, le tirzépatide a fait baisser la masse grasse de 33,9 % et la masse maigre de 10,9 %. Environ les trois quarts des kilos perdus étaient de la graisse, une proportion retrouvée aussi dans le groupe placebo, qui suivait un programme d’hygiène de vie [2]. Même constat pour le rétatrutide : une part de masse maigre comparable aux autres traitements [6].
Pourquoi alors ce fameux « 40 % » ? Parce que les études varient beaucoup : selon les populations et les méthodes, la masse maigre représente de 15 % ou moins à 40 %, voire 60 %, du poids perdu [3]. Le chiffre le plus alarmant est celui qui circule le mieux.
Le chiffre
Les trois quarts
Dans la sous-étude DXA de SURMOUNT-1, environ trois quarts des kilos perdus sous tirzépatide étaient de la graisse, comme dans le groupe placebo. Le reste, un quart, venait de la masse maigre [2].

Masse maigre n’est pas muscle : la nuance qui change tout
Quand une vidéo dit « 40 % de muscle perdu », elle confond deux choses. La DXA mesure la masse maigre, qui inclut les organes, les os, les liquides et même l’eau stockée dans la graisse [3]. Quand tu perds 20 kilos de gras, ce tissu emporte aussi son eau. Et un corps plus léger a moins besoin de la même « charpente » pour se porter.
Les études en IRM, plus précises sur le muscle, vont dans le même sens. Selon une revue de 2024, la baisse du volume musculaire sous GLP-1 semble proportionnée à la perte de poids, à l’âge et à la maladie, et la graisse infiltrée dans le muscle diminue. Les auteurs y voient une adaptation, avec un muscle de meilleure qualité, plutôt qu’une fonte anormale [3].
Nuance importante : ces mêmes auteurs réclament davantage de mesures de force et de fonction, car c’est ça qui compte au quotidien [3]. Et l’ANSM, à partir de signalements en France, évoque un signal potentiel de perte musculaire plus marquée qu’avec un régime classique, à surveiller [8]. Le sujet n’est pas clos.
Idée reçue
Mythe : « 40 % des kilos perdus, c’est du muscle »
C’est un raccourci. Le chiffre le plus élevé des études concerne la masse maigre, pas le muscle seul. Dans STEP 1, les sociétés savantes estiment la part de muscle à environ 20 % du poids perdu [4].
Muscles et GLP-1 : vrai, faux ou nuancé ?
Six phrases qui tournent en boucle sur les réseaux. Choisis ton camp, puis découvre ce que disent les études.
Sous Ozempic, 40 % des kilos perdus, c’est du muscle.
La fonte musculaire est un effet toxique du médicament sur le muscle.
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Mythe
C’est d’abord une conséquence de la perte de poids. Dans SURMOUNT-1, la proportion de graisse dans les kilos perdus était similaire sous tirzépatide et sous placebo, environ les trois quarts [2].
Mounjaro fait forcément perdre moins de muscle qu’Ozempic.
La musculation aide à garder sa masse maigre pendant une perte de poids.
Plus tu manges de protéines, plus tu gardes de muscle, sans limite.
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Mythe
Chez des adultes qui font de la musculation, les gains de muscle plafonnent autour de 1,6 g de protéines par kilo et par jour. Au-delà, plus n’apporte pas davantage [9].
Un médicament est déjà autorisé pour éviter la fonte musculaire sous GLP-1.
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Mythe
Le bimagrumab associé au sémaglutide a donné des résultats encourageants en phase 2, mais il reste en essai clinique. Aucune autorisation n’existe pour cet usage [7].
Pour qui la fonte musculaire est un vrai sujet
Le risque n’est pas le même pour tout le monde. La revue de 2024 souligne que l’âge avancé et la sévérité de la maladie pèsent dans le choix des candidats à ces traitements, à cause du risque de sarcopénie, cette perte de muscle et de force liée à l’âge [3]. Chez une personne âgée, quelques kilos de muscle en moins peuvent compter lourd pour marcher ou se relever.
Deuxième profil à risque : les personnes qui mangent très peu. Quand l’appétit est coupé, on peut descendre très bas sans s’en rendre compte. L’avis conjoint rappelle que l’apport en protéines ne devrait pas tomber sous 0,4 à 0,5 g par kilo et par jour, sous peine d’atrophie musculaire [4]. L’ANSM signale aussi des carences nutritionnelles, comme un manque de fer [8].
Et à 20 ou 25 ans ? Tes muscles sont un capital pour les décennies à venir : ils servent à bouger, à porter, à tenir ta posture. Même jeune, perdre du poids sans s’en occuper serait dommage, surtout quand les leviers sont simples.
Garder ses muscles sous Ozempic : les deux leviers prouvés
Levier numéro un : le renforcement musculaire. Les programmes structurés de musculation, seuls ou combinés à l’endurance, sont reconnus pour aider à préserver la masse maigre pendant une perte de poids [4]. L’OMS recommande à tous les adultes au moins deux jours par semaine de renforcement des grands groupes musculaires, en plus de 150 à 300 minutes d’activité modérée [5]. L’avis conjoint sur les GLP-1 vise même au moins trois séances de renforcement par semaine [4].
Levier numéro deux : les protéines. Pendant une grosse perte de poids, l’avis conjoint évoque 1,2 à 2 g de protéines par kilo de poids « ajusté » et par jour, un calcul que fait le médecin ou le diététicien, ou à défaut une cible simple de 80 à 120 g par jour [4]. Chez des adultes qui font de la musculation, une méta-analyse ne trouve plus de gain de muscle au-delà d’environ 1,6 g par kilo et par jour [9].
Ces repères sont généraux : ton objectif se personnalise avec un professionnel, surtout si tu as une maladie chronique. Et si la muscu te parle, notre guide peptides et musculation fait le tri entre ce qui construit vraiment du muscle et le marketing.
Astuce
L’astuce quand l’appétit est coupé
Commence ton repas par la source de protéines : œufs, poisson, viande, yaourt, légumineuses, tofu. Les sociétés savantes le suggèrent justement pour augmenter les chances d’en manger assez [4].
Mes habitudes protègent-elles mes muscles ?
Coche ce qui correspond à ta semaine type. Ce n’est pas un diagnostic : juste un bilan d’habitudes pour savoir où agir.
0/8 cochées
Poids du corps, élastiques ou machines : l’OMS le recommande à tous les adultes, et c’est le signal qui dit au corps de garder ses muscles.
Œufs, poisson, viande, laitages, légumineuses, tofu. Un objectif chiffré se fixe avec un professionnel, selon ton poids et ta santé.
Manger très peu expose à des carences et à une fonte musculaire plus marquée. L’ANSM surveille justement un signal de carences nutritionnelles.
L’OMS vise 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine : marche rapide, vélo, danse, natation…
Des charges qui tiennent ou progressent en disent plus sur tes muscles que le chiffre de la balance, qui mélange gras, muscle et eau.
Nausées, vomissements ou diarrhée peuvent déshydrater : c’est un point de vigilance rappelé par les sociétés savantes.
Il peut adapter le suivi, vérifier les carences et t’orienter vers un diététicien ou un kiné si besoin.
Ce n’est pas forcément grave, mais c’est une information utile pour ton médecin. Ne la garde pas pour toi.
Ton résultat selon le total
De 0 à 3 cases cochées
Chantier en cours
Tes habitudes laissent de la marge pour mieux protéger tes muscles. Commence par un seul levier, le renforcement ou les protéines, et parles-en avec ton médecin ou un diététicien.
De 4 à 6 cases cochées
Bonne base
Tu as déjà plusieurs réflexes utiles. Repère les cases vides et choisis-en une à travailler ce mois-ci. Ce score reste un bilan d’habitudes, pas une mesure de tes muscles.
De 7 à 8 cases cochées
Solide
Tes habitudes cochent l’essentiel de ce que recommandent l’OMS et les sociétés savantes. Garde le cap : seul un suivi médical dit vraiment où tu en es.
Des médicaments pour protéger le muscle ? Ce qui se prépare
Les labos planchent sur des molécules à associer aux GLP-1 pour que la perte de poids épargne davantage la masse maigre [3]. Parmi elles, le bimagrumab, un anticorps qui bloque des signaux freinant la croissance musculaire, comme la myostatine [7].
Dans l’essai de phase 2 BELIEVE, publié en 2026 dans Nature Medicine, 507 adultes en obésité ont reçu du bimagrumab, du sémaglutide, les deux ou un placebo. Avec l’association, 92,3 % des kilos perdus à 48 semaines étaient de la graisse, contre 71,1 % sous sémaglutide seul [7]. Les effets fréquents du bimagrumab : crampes musculaires, diarrhée et acné.
Prometteur, mais c’est une phase 2 : il faudra des essais plus grands et plus longs, et aucune autorisation n’existe pour cet usage. Quant aux peptides « anti-fonte » vantés en ligne, ils n’ont pas ce niveau de preuve chez l’humain, comme le montre notre classement des peptides par niveau de preuve. En attendant, les leviers les mieux établis restent le renforcement musculaire et les protéines, détaillés plus haut [4].
Balance, force, tour de taille : suivre les bons indicateurs
Si la balance ne sait pas faire la différence entre gras et muscle, que regarder ? Le plus simple : ta force. Des charges qui tiennent ou progressent à la salle, des escaliers montés sans peine, des courses portées sans effort, ce sont des signaux concrets. Le tour de taille aide aussi à suivre la graisse du ventre.
Une DXA n’est pas indispensable pour tout le monde : c’est une décision médicale, selon ton âge et ta santé. En revanche, dire à ton médecin que tu veux protéger tes muscles l’aide à adapter le suivi, à vérifier les carences et à t’orienter si besoin vers un diététicien ou un kiné [4].
Et pense à l’après : les habitudes installées pendant le traitement comptent aussi le jour où il s’arrête. On explique pourquoi dans notre guide sur l’arrêt et la reprise de poids. Pour situer ces médicaments entre eux, direction notre comparatif Ozempic, Mounjaro, rétatrutide.
Quiz : muscles et GLP-1, as-tu tout suivi ?
Quatre questions pour vérifier que tu sais lire un chiffre sur la masse maigre sans paniquer.
Question 1/4 Dans la sous-étude DXA de SURMOUNT-1, quelle part des kilos perdus était de la graisse ?
Voir la réponse
Bonne réponse C · Environ les trois quarts
Environ les trois quarts, sous tirzépatide comme sous placebo. Le quart restant venait de la masse maigre, qui n’est pas uniquement du muscle [2].
Question 2/4 La « masse maigre » mesurée par DXA, c’est…
Voir la réponse
Bonne réponse B · Muscles, organes, os, eau…
C’est tout ce qui n’est pas de la graisse : muscles, mais aussi organes, os, liquides et eau du tissu gras. D’où l’erreur de parler de « muscle perdu » [3].
Question 3/4 Combien de jours de renforcement musculaire l’OMS recommande-t-elle aux adultes ?
Voir la réponse
Bonne réponse A · Au moins deux par semaine
Au moins deux jours par semaine, en travaillant les grands groupes musculaires, en plus de 150 à 300 minutes d’activité modérée [5].
Question 4/4 Le bimagrumab associé au sémaglutide, c’est…
Voir la réponse
Bonne réponse B · Une piste en essai clinique
Une piste testée en phase 2 : plus de graisse et moins de masse maigre dans les kilos perdus. Il faudra des essais plus grands avant toute autorisation [7].
Ton score
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Le mot de la fin
Notre verdict
La fonte musculaire sous GLP-1 est un vrai sujet, mais pas le scandale qu’on voit passer. Quand on perd beaucoup de poids, une partie vient de la masse maigre, avec un médicament comme avec un régime strict. Les chiffres chocs mélangent souvent masse maigre et muscle, et les études en IRM parlent plutôt d’adaptation. Reste que le suivi de la force manque encore, et que certaines personnes sont plus exposées. La bonne nouvelle : les deux leviers les plus solides, renforcement et protéines, sont entre tes mains, avec l’appui de ton médecin.
Buzz 7/10Preuves 6/10Vrai sujet, souvent exagéré : les chiffres méritent des nuances
FAQ
Les questions que tu te poses.
Est-ce qu’Ozempic fait perdre du muscle ?
Il fait perdre du poids, et une partie de ce poids vient de la masse maigre, comme lors de toute grosse perte de poids. Dans STEP 1, la masse grasse a baissé de 19,3 % et la masse maigre de 9,7 % [1]. La masse maigre n’étant pas que du muscle, la part réelle de muscle est plus faible que les chiffres qui circulent [3] [4].
Comment garder ses muscles sous Ozempic ou Mounjaro ?
Les deux leviers les mieux établis sont le renforcement musculaire, au moins deux jours par semaine selon l’OMS, et un apport suffisant en protéines [4] [5]. Ajoute de l’activité au quotidien, une alimentation variée et un suivi médical. Ton médecin ou un diététicien peut t’aider à fixer des objectifs adaptés.
Combien de protéines manger quand on est sous GLP-1 ?
Pendant une grosse perte de poids, un avis conjoint de sociétés savantes américaines évoque 1,2 à 2 g de protéines par kilo de poids « ajusté » et par jour, ou 80 à 120 g par jour comme repère simple [4]. Ce sont des repères généraux : en cas de maladie chronique, l’objectif se fixe avec un professionnel.
Est-ce que Mounjaro fait perdre du muscle ?
Comme pour le sémaglutide, une partie du poids perdu vient de la masse maigre. Dans la sous-étude DXA de SURMOUNT-1, la masse grasse a baissé de 33,9 % et la masse maigre de 10,9 % ; environ les trois quarts des kilos perdus étaient de la graisse, comme dans le groupe placebo [2].
Pourquoi perd-on de la masse maigre quand on maigrit ?
Parce que le corps puise dans toutes ses réserves pour combler le manque d’énergie, et qu’un corps plus léger a moins de charge à porter. Une partie de la masse maigre perdue est aussi de l’eau, notamment celle du tissu gras [3]. Le renforcement musculaire est le signal qui aide le corps à garder ses muscles [4].
Vérifié à la source
Sources
- [1]Wilding et al. — Impact of Semaglutide on Body Composition in Adults With Overweight or Obesity: Exploratory Analysis of the STEP 1 Study (nouvel onglet)
Journal of the Endocrine Society · 2021
- [2]Look et al. — Body composition changes during weight reduction with tirzepatide in the SURMOUNT-1 study of adults with obesity or overweight (nouvel onglet)
Diabetes, Obesity and Metabolism · 2025
- [3]Neeland, Linge, Birkenfeld — Changes in lean body mass with glucagon-like peptide-1-based therapies and mitigation strategies (nouvel onglet)
Diabetes, Obesity and Metabolism · 2024
- [4]
- [5]Bull et al. — World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour (nouvel onglet)
British Journal of Sports Medicine · 2020
- [6]Coskun et al. — Effects of retatrutide on body composition in people with type 2 diabetes: a substudy of a phase 2 randomised trial (nouvel onglet)
The Lancet Diabetes & Endocrinology · 2025
- [7]
- [8]
- [9]
Perte de poids & GLP-1


